C'en est fait, les membres présents à l'assemblée du 19 juin ont parlé. La négociation étant terminée, ce site met donc fin à ses activités. Merci.
C'en est fait, les membres présents à l'assemblée du 19 juin ont parlé. La négociation étant terminée, ce site met donc fin à ses activités. Merci.
Rédigé à 10:14 | Lien permanent | Commentaires (2)
Les trois quotidiens francophones de Montréal font état aujourd'hui de nouvelles démarches du Syndicat afin de tenter de mettre un terme à un phénomène inacceptable en 2004 dans une société d'État sous juridicition fédérale: la discrimination. Le dépôt de ces griefs intervient alors que nos membres sont en pleine réflexion, à quelques jours d'une assemblée générale de grande importance, au Centre Pierre-Charbonneau, dans le parc olympique. Bref un petit rappel de ce qu'est Radio-Canada... Voici in extenso le communiqué diffusé par CNW Telbec et qui a inspiré les chroniqueurs des rubriques médias de Montréal.
Le syndicat des communications de Radio-Canada dépose des griefs pour discrimination ethnique et sexuelle
MONTREAL, le 14 juin /CNW Telbec/ - Le Syndicat des communications de
Radio-Canada porte plainte par voie de grief contre la Société Radio-Canada
pour discrimination ethnique et discrimination sexuelle. Le premier grief
porte sur la situation des annonceurs-réalisateurs autochtones du service
Québec Nordique, dont l'échelle de rémunération va de 33 835 $ par an à
59 378$ alors que les annonceurs-réalisateurs de langues anglaise, française,
ukrainienne, russe, chinoise, arabe, espagnole et portugaise gagnent de
38 764$ à 64 308$ par an. Les sommes en jeu soient dérisoires, 5000 $ par
personne pour cinq employés, mais la SRC refuse, depuis deux négociations
collectives, de mettre fin à la discrimination contre les autochtones, une
situation scandaleuse pour une société d'Etat fédérale.
Le deuxième grief porte sur deux émissions de télévision prestigieuses,
Enjeux et Zone Libre. Dans chacune de ces émissions,
toutes les journalistes féminines gagnent moins que le moins bien payé des
hommes. A ancienneté etcompétence égale, les écarts salariaux défavorisent
systématiquement lesfemmes. Ces écarts proviennent de "montants excédentaires"
et de primes de "rachat de temps supplémentaire" en grande partie fictifs et
nettement plus généreux en faveur des hommes que des femmes. Les salaires
totaux des huit hommes d'Enjeux et de Zone Libre
s'échelonnent de 76 000 à 155 000$ (excluant les animateurs),
pour une moyenne de 94 000$ par an.
Ceux des dix femmes vont de 63 000$ à 75 000$ pour une moyenne de 69 000$.
Le SCRC réclame la parité salariale entre les sexes et la reconnaissance de l'ancienneté
et de l'expérience réelles des journalistes féminines de ces émissions.
Dans les deux cas, le syndicat invoque l'article 28 de sa convention
collective où l'employeur et le syndicat "s'engagent à n'exercer aucune
discrimination et aucune distinction injuste pour des raisons d'ethnie, de
nationalité, de couleur, de sexe (incluant grossesse), de préférences
sexuelles, d'âge, de situation familiale, de conviction religieuse ou
politique, de déficiences mentales ou physiques et d'état matrimonial."
Signalons que la Société Radio-Canada refuse d'octroyer, dans la ronde de
négociations collectives en cours, un droit de grief ou d'arbitrage dans
l'application d'un plan d'action patronal censé résorber, en 3 ans, les
inégalités salariales entre les sexes identifiées par des expertes
indépendantes dans un rapport du mois de novembre 2004. Face au refus patronal
de résoudre la question de façon globale, le SCRC se tourne désormais vers la
résolution des cas de discrimination les plus flagrants par la voie de griefs
sectoriels.
Rédigé à 15:06 | Lien permanent | Commentaires (1)
Pendant que nos membres s'apprêtent à se prononcer sur les dernières offres patronales lors de l'assemblée extraordinaire du 19 juin au Centre Pierre-Charbonneau, les appuis s'accumulent en faveur du SCRC et de ses membres, temporaires, contractuels et permanents.
Les néo-démocrates du Québec appuient les revendications
du Syndicat des communications de Radio-Canada en matière d’équité.
Montréal, le 11 juin 2001 – Par la voix du candidat dans Papineau, André Frappier, les néo-démocrates du Québec apportent leur appui aux revendications du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) en matière d’équité. Les pourparlers entre le syndicat et Radio-Canada pour la signature d’un contrat de travail durent depuis plusieurs mois et la société d’État refuse de négocier sur les questions d’équité : l’équité salariale pour les travailleuses d’abord et l’équité avec les employés de CBC sur la permanence de certains emplois.
«En tant que candidat néo-démocrate et syndicaliste, j’appuie sans réserve les revendications des travailleurs et travailleuses de Radio-Canada, a déclaré André Frappier. Je souhaite que la population du Québec les soutienne dans une bataille dont les enjeux sont fondamentaux. Une société d’État comme Radio-Canada devrait être à l’avant-garde et montrer l’exemple en ce qui concerne l’équité dans les conditions de travail.»
Rédigé à 12:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'opération solidarité en soutien à Jocelyn Desjardins bat son plein. Les membres du SCRC, un peu partout dans la Maison de Radio-Canada à Montréal, et dans plusieurs régions du syndicat, font la preuve qu'ils ont le coeur à la bonne place, toutes opinions confondues. Depuis quelques jours, une pétition circule et simultanément une collecte a été entreprise. L'objectif est audacieux, mais possible à atteindre: il faut tenter de rejoindre le montant que Radio-Canada avait osé offrir à Jocelyn en le congédiant, vendredi dernier du jamais vu. Jamais on a, de mémoire de membre du SCRC, tenté ainsi d'acheter un confrère militant de même que temporaire, tout en le mettant littéralement à la porte. Or les 3000$ de Radio-Canada, Jocelyn les refuse, parce qu'un montant d'argent ne remplacera jamais une carrière à Radio-Canada.
Voici en complément le texte de la pétition qui circule notamment au rez-de-chaussée à Montréal ainsi que dans la tour de la MRC.
Reproduisez-le et faites la collecte, montrons aux patrons de Radio-Canada, que la solidarité existe encore dans nos murs.
Soutenons Jocelyn Desjardins!
Montréal, le 8 juin 2004.
À tous les artisans de Radio-Canada,
Notre collègue, le journaliste Jocelyn Desjardins, a été congédié de Radio-Canada, ce vendredi le 4 juin dernier.
Après 8 ans de loyaux services, la Société Radio-Canada a décidé de ne pas permettre à Jocelyn Desjardins de pouvoir travailler plus de 300 jours à la salle des nouvelles radio, ce qui lui aurait permis d'atteindre une certaine régularité dans le travail. Ironie... après 8 ans dans la boîte, cet employé était encore sous le règne des 300 jours...
Sans préavis, sans aucun avertissement ou mesure disciplinaire, la direction a décidé d'invoquer une erreur qu'aurait commis Jocelyn Desjardins pour le congédier.
Jocelyn fut le plus jeune membre de l'exécutif syndical et l'un des premiers à accepter cette fonction malgré son statut de précaire. Il avait accepté ce poste avec la ferme volonté de défendre les membres les plus fragiles du syndicat. Il avait récemment démissionné, mais gardé sa fougue et ses idées.
Père de deux très jeunes enfants (deux bébés -son épouse travaille aussi à RC = une autre précaire), il est maintenant à la rue...
Pour le faire taire, la direction de la radio de Radio-Canada lui a offert 3 000$, ce qu’il a refusé. En contrepartie, il a déposé un grief contre la direction. Que dire si les artisans se réunissaient et lui offraient un montant symbolique de 3 000$…?, non pas pour le faire taire, mais pour lui exprimer notre appui et lui permettre de faire face à ses responsabilités parentales.
Ne le laissons pas tomber,
Soyez généreux.
Rédigé à 16:12 | Lien permanent | Commentaires (1)
En plus d'une bonne couverture de la presse écrite et de certains médias électroniques, les partis politiques sont appelés à se prononcer au cours de la campagne électorale actuelle. La première formation politique à le faire ouvertement est le Bloc québécois. Voici le communiqué disponible à ce sujet sur le site internet du Bloc québécois:
Montréal, le mercredi 9 juin 2004 – Le Bloc Québécois a réitéré aujourd’hui son appui entier aux revendications du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) qui réclame l’élimination d’une double discrimination à l’endroit de certains des employés de Radio-Canada. La discrimination à l’égard du traitement salarial accordé aux femmes ainsi que l’accès plus limité pour les travailleuses et les travailleurs du Québec et de Moncton à des postes permanents par rapport à leurs collègues des autres composantes de la SRC/CBC sont inacceptables et doivent être corrigés rapidement par la direction de la SRC.
Rédigé à 10:19 | Lien permanent | Commentaires (1)
Depuis quelques jours, les membres du SCRC discutent entre eux du dernier dépôt des offres patronales de cette semaine. Les grands quotidiens en ont fait état cette semaine et notre dernier Coin-coin aussi. Le Conseil syndical du samedi 12 juin 2004 à Saint-Hyacinthe, à l’Hôtel des Seigneurs, en fera un de ses sujets de discussion. Il y sera aussi question de la stratégie à adopter pour la suite des choses. Le conseil est l'assemblée des délégués des sections du SCRC.
Ce matin, le Conseil canadien des relations industrielles entendra pour une première fois la requête du SCRC qui allègue que Radio-Canada négocie de mauvaise foi dans notre dossier.

Rédigé à 09:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Lecteurs du blogue, bonjour ou bonsoir! Les deux parties, syndicale et patronale, ont négocié jusqu'à minuit vendredi soir. Les pourparlers ont repris en fin de matinée, aujourd'hui lundi. C'est ce que l'on peut dire pour l'instant.
Rédigé à 13:46 | Lien permanent | Commentaires (2)
Les membres du SCRC sont tous un peu attente de la suite des négociations. Les délégués
syndicaux se font poser toutes sortes de question par leurs membres et font pareil avec d'autres
délégués. Votre blogue fait donc de nouveau le point.
Les négociations ont donc repris mercredi après-midi et sont poursuivies jusque vers 6h,
jeudi matin. Les parties patronale et syndicale se sont revues, en début d'après-midi jeudi
et ont convenu de se revoir de nouveau vendredi vers midi.
Dans la mesure du possible, votre blogue vous tiendra au courant des développements au
cours des prochaines heures. Soyez à l'affût!
Rédigé à 19:48 | Lien permanent | Commentaires (1)
Alors que les négociations reprennent cet après-midi à 14h au Complexe Guy-Favreau, de nombreux membres du SCRC et les cadres auxquels une lettre du président Daniel Raunet était adressée ont eu l'occasion de prendre connaissance de cette missive-choc. Votre blogue a choisi, avec l'autorisation préalable de l'auteur, d'en publier de larges extraits.
«Mesdames, Messieurs,
Je me permets de vous écrire alors que les nuages s’amoncèlent rapidement au
dessus de notre entreprise à cause de l’attitude particulièrement
belliqueuse de ceux qui dirigent ses relations de travail. Au moment
d’écrire ces lignes, la situation est la suivante : 89 % des membres du SCRC
ont rejeté les offres globales de la Société le 17 avril, et le 29 mai,
56% d’entre eux ont donné aux négociateurs syndicaux un mandat de grève. Tout
verre à moitié plein est aussi à moitié vide : 44% des syndiqués n’ont pas
osé prendre le risque du vote de grève. (...) Qu’il n’y ait pas de méprise:
ceux qui, en assemblée générale, n’ont pas accepté la possibilité d’arpenter
le trottoir ne sont pas pour autant en faveur de leur employeur. L’immense
majorité des intervenants ont abondé dans le même sens: vos employés
sont très en colère, ils trouvent la direction tout aussi méprisante, sinon plus,
qu’en 2002, le ras-le-bol est général. (...) Après le fiasco de
neuf semaines de lock-out en 2002, on se demande comment la direction peut
être aussi bornée au point de tomber perpétuellement dans les mêmes
ornières. Oubliez un instant le syndicat et la haine qu’il inspire à
certains d’entre vous et essayez plutôt de comprendre la raison profonde des
relations pourries que la Société entretient avec ses employés.
(...)Dans ses écrits, le vice-président Daniel Gourd, depuis plusieurs
semaines, se cache mal de sa volonté d’en découdre avec notre syndicat dans
l’espoir, semble-t-il, de l’expulser un jour de la scène radio-canadienne.
Le but de cette lettre ouverte est de vous demander, avant de vous
précipiter avec lui dans l’abîme, de réfléchir calmement à la situation.
Le premier élément n’a rien à voir avec la présence ou non de syndicats,
c’est l’avenir de notre entreprise en tant que diffuseur public. (...)A la
télévision, personne ne veut répéter le fiasco de l’an dernier, personne
ne veut que le réseau français se marginalise comme cela a été le cas
du réseau anglais. Un examen de conscience salutaire est en cours au
CDI et nous tenons à assurerMonsieur Lalande et ses collègues de
notre entière collaboration dans leurs efforts pour améliorer le climat
de travail, dynamiser les équipes etremonter la pente auprès du public.
La qualité des tournages, l’intérêt despublicitaires se décident également
dès ce printemps ; ce n’est pas le moment de nous payer un conflit de travail.
A la radio, la rentrée de l’automne est tout aussi cruciale. Le vice-président
Sylvain Lafrance a osé faire le constat qui s’imposait à la chaîne ex-culturelle
et tenter une réforme pour mettre fin à la nature confidentielle de son auditoire.
Les employés sont inquiets de certains aspects des changements, mais de part
et d’autre, tout le monde est conscient du fait que le succès dépend d’une
unité de propos entre les artisans et la direction. Élément non négligeable,
le positionnement de nos antennes dépend aussi de la couverture d’événements
à court terme, tels la campagne électorale fédérale et les Jeux Olympiques
d’Athènes.
Le problème de nos relations de travail, c’est que les faucons ont pris le
contrôle des ressources humaines et qu’ils nous conduisent tout droit à la
catastrophe. (...) Depuis plusieurs semaines, le vice-président Daniel Gourd
vous inonde de propos agressifs à l’égard du Syndicat des communications
de Radio-Canada comme si cette organisation était le diable incarné, tout
en faisant montre d’une rigidité d’un autre âge dans ses propres positions.
Le 20 mai dernier, il a ajouté une nouvelle menace dans la lettre qu’il
vous a adressée: celle de ne pas couvrir la campagne électorale fédérale
au Québec et à Moncton, «car ce conflit pourrait être long» écrit-il.
Quel conflit ? Pas le nôtre en tout cas. Nous le proclamons depuis le début:
nous voulons un règlement négocié et nous ne voulons pas renouveler la
triste expérience de 2002. Nous offrons à Radio-Canada un choix très simple:
soit une négociation de bonne foi, ce qui implique l’octroi de véritables mandats
aux négociateurs patronaux (des gens fort respectables au demeurant), soit la
référence du différend à un arbitrage obligatoire, comme le prévoit l’article 79
du Code canadien du travail. S’il y a un conflit, une démission
des ondes, que ce soit clair, ç’aura été par décision de Daniel Gourd et de
son entourage de jusqu’au-boutistes, non par la volonté du syndicat.
Daniel Gourd décrète et ne négocie pas ; il n’accepte pas non plus de
soumettre ses positions au test du droit du travail. Un exemple flagrant :
les suppléments de rémunération. Radio-Canada consacre environ 13% de la
masse salariale dévolue à nos membres à une caisse noire dont les montants
sont distribués à la tête du client. Ainsi 31 personnes se partagent-elles
un pactole de 3,9 millions de dollars par an, en l’absence totale de règles
et de critères connus. Ce système, contraire aux principes modernes de saine
gestion, est à la base d’inégalités salariales hommes-femmes importantes. La
haute direction les a niées haut et fort en 2002, mais elles ont été
confirmées par les travaux d’expertes indépendantes dont les résultats ont
été publiés en novembre dernier. La partie patronale a rédigé un plan
d’action pour répondre partiellement au diagnostic de ces expertes, mais nous
pensons que c’est insuffisant : pourquoi faudrait-il accorder une confiance
aveugle aux responsables de la discrimination dès lors qu’ils disent qu’ils
vont y mettre fin ? Je soumets qu’ils ont un problème de crédibilité dès le
départ. Le plan patronal manque de ce qu’on appelle en anglais les «checks
and balances». La vision de Monsieur Gourd est loin de nous rassurer. Il
écrivait, le 19 avril : «Les femmes veulent un peu plus de confort dans le
cas où une personne se sentirait discriminée sur une base individuelle. Nous
sommes disposés à envisager des solutions originales permettant à quelqu'un
d'en appeler dans la mesure où la décision finale revient à la direction.»
Un des enjeux de 2004 est donc l’octroi d’un droit de recours aux femmes qui
s’estimeraient victimes d’inégalités salariales basées sur le sexe. Daniel
Gourd s’y oppose farouchement, au nom d’un droit quasi féodal de souveraine
immunité. A propos du revenu additionnel hors-norme, le vice-président
écrit : «c'est à nous de l'établir et de le définir. Pas à un arbitre, et
pas au syndicat.» Autrement dit, la seule règle, c’est l’arbitraire. Et aux
mécontentes, il propose : «si quelqu'un demeure insatisfait, il y a la
commission des droits de la personne comme pour tous les citoyens et
citoyennes de ce pays.» La haute direction serait-elle devenue
schizophrène? Au moment même où Monsieur Gourd veut envoyer les
mécontentes à Commissioncanadienne des droits de la personne,
Radio-Canada s’en va en Cour fédérale pour contester la juridiction
et la compétence de cette même Commission dans
un autre dossier touchant à la condition féminine, la plainte en équité
salariale déposée par le SCRC en 1999. En français, cela s’appelle de la
mauvaise foi, et nous avons d’ailleurs porté plainte à ce sujet.
Autre illustration du rejet de la suprématie du droit : la question des
horaires différenciés. Il s’agit d’une série de clauses qui nous ont été
imposées au détour d’une offre finale et globale non négociée en 1998, à la
suite de la fusion de 1995. Ces clauses permettent à la direction de ne
payer des heures supplémentaires à 150% qu’au delà de 80 heures de travail
sur 2 semaines. Pourtant, un tel «calcul de la moyenne» n’est permis par le
Code canadien du travail que «là où la nature du travail le justifie», ce
qui n’est pas le cas de la plupart des situations au SCRC. Je ne vous
demande pas de me croire sur parole, vous pouvez vous renseigner directement
sur le sujet en consultant la note d’interprétation du sous-ministre
fédéral du travail au site suivant :
http://www.rhdcc.gc.ca/asp/passerelle.asp?hr=/dpo_ipg/ipg/053.shtml&hs=lxn
.
Vous y lirez la remarque suivante (note d’interprétation 802-1-IPG-053) :
«Le calcul de la moyenne ne peut être utilisé lorsque des employés ont un
horaire régulier, mais que le nombre d’heures où ils travaillent réellement
varie de temps à autre.»
Avant la reculade patronale du début mars 2004, les négociateurs de la
Société avaient concédé qu’un tel étalement ne se justifiait pas, sauf à un
seul endroit, le centre d’alimentation et de diffusion du journalisme
électronique du CDI à Montréal. Nous étions d’accord avec eux. Mais dans sa
lettre du 19 avril, Daniel Gourd affirme que ce régime d’étalement est
essentiel parce qu’il «nous permet de rester concurrentiel avec les autres
maisons de production». Même en mettant de côté le concept réducteur de
«maison de production» appliqué à un diffuseur public, nous relevons que
Daniel Gourd reconnaît par ses écrits la raison profonde de l’étalement : ne
pas payer une partie des heures supplémentaires. Le problème, c’est qu’une
telle raison est illégale. Si l’employeur, dans la foulée du vice-président,
n’accepte pas d’en parler à la table de négociation, il s’expose, à terme, à
une facture rétroactive importante (nous avons déposé un grief type sur le
sujet).
Radio-Canada ne peut pas espérer violer les lois ad vitam aeternam. La
gestion actuelle conduit à des catastrophes financières. Ainsi, il y a
quelques jours, un inspecteur du travail a envoyé une mise en demeure pour
960 mille dollars d’heures supplémentaires impayées aux réalisateurs ; nous
avons nous-même obtenu en avril une sentence arbitrale ordonnant le
versement rétroactif d’une partie du supplément de 12,5% des contractuels
(en lieu et place des avantages sociaux) illégalement saisie par l’employeur
depuis 1999, une facture qui s’annonce salée ; le CCRI (décision futilement
contestée en Cour fédérale) exige que Radio-Canada rembourse les techniciens
du STARF remplacés par des caméramans non syndiqués aux Jeux olympiques de
Salt Lake City ; la saisie des surplus de la caisse de retraite risque
également un jour de coûter une fortune à la Société . Où nous mènent tous
ces défis de l’état de droit, toutes ces manifestations incontrôlées d’un
autoritarisme périmé? D’autres dossiers sont autant de bombes à
retardement: non paiement de l’avancement temporaire, non
respect des listes de rappel, diminutions illégales de salaire au
Parlement de Québec, contrats bidon à RCI et CBC, non tenue des
registres légaux des employés contractuels. (...) Au lieu de se
crisper, la haute direction devrait cesser d’enrichir les avocats de
Heenan-Blaikie et commencer à dialoguer avec ses syndicats pour mieux
prévenir les problèmes et établir de saines relations de travail.
Égalité hommes-femmes, horaires différenciés, le troisième contentieux
contractuel entre le SCRC et la Société touche à la discrimination entre le
Canada anglais et le Québec et Moncton en matière de sécurité d’emploi.
«Nous l'avons dit, nous n'accorderons plus de permanence au delà des
mécanismes déjà prévus à l'actuelle convention collective» proclame Daniel
Gourd dans sa missive du 19 avril. Ce faisant, il nous expose, il vous
expose, à l’éclatement d’un grand scandale public dans la campagne
électorale fédérale en cours : la dénonciation de la Société Radio-Canada en
tant que participante à la discrimination contre le Québec. Croyez-moi, et
je tiens généralement parole, si Radio-Canada s’entête, les membres du SCRC
sortiront sur la scène publique. Les faits sont de notre côté : sans parler
des chiffres du syndicat, le dernier rapport de la Société Radio-Canada,
«2003 Rapport annuel de l’employeur pour l’année se terminant en décembre
2002 – Loi sur l’équité en matière d’emploi» démontre que le Québec est très
en retard sur les autres provinces en matière d’emplois permanents. Alors
que l’ensemble du réseau (10 provinces, 3 territoires) compte 79,3% d’
employés permanents à temps plein, ce pourcentage n’est que de 74,3% au
Québec contre 82% en Ontario. Et pour donner un visage humain au problème,
je vous invite à essayer d’expliquer aux contractuels pourquoi vous
leur refusez le statut de permanent au Québec et à Moncton alors qu’ils
l’auraient (s’ils le désiraient) s’ils travaillaient de l’autre côté de la
rivière des Outaouais. (...)
Comment pensez-vous pouvoir justifier le refus de Daniel Gourd et compagnie
lorsque, inévitablement, les feux des projecteurs seront tournés sur la
SRC? Pour les contractuels, nous réclamons la parité avec la Guilde des Médias.
Pour les temporaires, je vous invite également à réfléchir à la fin de
non-recevoir affichée par Monsieur Gourd. Nous réclamons le même régime que
celui que connaît le syndicat des techniciens, le STARF. Ce syndicat (avec
lequel Radio-Canada veut nous fusionner) a obtenu un mécanisme qui permet de
reconnaître l’existence de postes permanents à chaque fois que, sur une
période de deux ans, on utilise des temporaires à temps plein pour remplir
des fonctions régulières. Nos concurrents du secteur privé, TQS, TVA,
disposent de clauses similaires. Contrairement à la SRC, ces entreprises
médiatiques préparent la relève et font de gros efforts pour ne pas être
perçues comme des «sales boîtes» par les jeunes générations. S’ils
travaillent pour vous, essayez d’expliquer le refus de Daniel Gourd
aux temporaires de longue date. (...)
Quatrième enjeu majeur de cette négociation collective introuvable, la durée
du contrat. Un contrat d’un an avec en tout et pour tout une augmentation de
2,5%, et ce, sans rétroactivité à la fin du contrat précédent, est une
insulte. En rejetant l’offre patronale le 17 avril dernier, nos membres ont
très bien compris le message que nous envoyaient Daniel Gourd et ses amis :
les faucons de la Société veulent prouver que seuls ceux qui se taisent
trouveront grâce à leurs yeux. «Avec une décision prochaine du CCRI sur la
fusion possible de nos syndicats, il est évident que nous ne voulons pas
nous engager trop longtemps», vous a écrit Daniel Gourd le 19 avril dernier.
Outre qu’elle constitue une autre preuve de mauvaise foi au sens du droit du
travail, cette déclaration oublie que nos membres ont déjà vécu les affres d
’une fusion en 1995. De 1995 à 1998, date de la signature de la première
convention amalgamée, nous n’avons eu droit à aucune augmentation de
salaire. Nous avons déjà joué dans le mauvais film des restrictions sans
fin. Tout en reconnaissant la légitimité des intentions proclamées de la
direction (rationaliser les modes de production), nous vous soumettons que
nos revenus fondent comme neige au soleil. En dollars constants, les
journalistes ont perdu 9,8% de leur niveau de vie par rapport à septembre
1992, les assistantes télé 5,5% (vérifiez les tarifs et les tableaux de
Statistiques Canada, ce sont des documents publics).
(...) Nous nous apprêtons à commettre un péché majeur en termes
d’orthodoxie syndicale: renoncer à notre droit de négociation et à
notre droit de grève. Il ne s’agit pas, comme le prétend faussement
Monsieur Gourd, d’un stratagème pour provoquer un conflit, mais tout
le contraire : une offre de cessation totale des hostilités en échange
d’un arbitrage exécutoire et indépendant des points en litige. Ce que
l’arbitre décidera ira tout droit dans la prochaine convention collective,
même s’il nous donne tort, même si nous n’aimons pas son verdict.
Tel est notre engagement. Que craint la Société si elle si sûre de son
bon droit ?
(...) Nous avons toujours pensé qu’un renouvellement de notre
convention collective par consentement mutuel aurait un effet bénéfique et
salutaire sur les relations entre employeur et employés et paverait la voie
à une rentrée sereine et productive. La politique d’affrontement et de
mépris qu’on nous renvoie ne produira que l’effet contraire : un
pourrissement continu du climat de travail et de nouvelles catastrophes en
ondes.
Je vous remercie de votre attention et je nous souhaite à tous un bel été et
une rentrée du tonnerre.
Daniel Raunet
Président du Syndicat des communications de Radio-Canada.»
Rédigé à 08:53 | Lien permanent | Commentaires (1)
Nous apprenons que les négociations entre le SCRC et la Société Radio-Canada vont reprendre mercredi 2 juin 2004 à 14h. C'est le conciliateur qui a convoqué les deux parties à la table, aux bureaux du ministère du Travail, Complexe Guy-Favreau, boulevard René-Lévesque à Montréal. Du côté du SCRC on espère simplement que les négociateurs patronaux auront en main un véritable mandat pour entreprendre de véritables pourparlers avec leurs vis-à-vis syndicaux.
Rédigé à 13:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
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